Jeudi 23 octobre 2008 4 23 /10 /Oct /2008 18:34

Qu’est ce donc qu’estimer un film de Woody Allen? Peut-on parler d’une indulgence paresseuse, d’une prime à la qualité versée, mécaniquement, à l’auteur new-yorkais “drôle, subtile, etc”… Que serait-ce donc que recevoir Vicky, Christina, Barcelona, sans connaître l’identité de son auteur?

Sur la seule foi du nom d’un réalisateur plébiscité, une oeuvre somme toute moyenne, moyennement distrayante et pertinente, intègre, à l’aise, une conscience collective certes prompte à ne retenir, hebdomadairement, qu’une référence filmique, voir deux… “Le dernier Woody Allen” : facile!

Est-ce un grand film? Non. Est-ce un film indigne? Non. Le fait que son réalisateur soit Woody Allen pèse-t-il dans cette dernière réponse. Oui, un peu… Cet opus se juge à l’aune de l’ensemble de sa filmographie, en circuit fermé, sur un rythme annuel… Est-il meilleur, moins bon, que le précédent, etc? 

Est-ce que ce film aurait pu être réalisé par quelqu’un d’autre?… Non… Qui envisagerait de narrer cette quête de soi, du bonheur et de l’amour, avec dépaysement géographique et culturel propice au trouble, à l’éveil de soi, etc…, qui n’est pas sans rappeler Chambre avec vue de Forster et ses Anglaises en villégiature italienne? 

Investie partiellement, avec précaution et snobisme, reconnaissable grâce aux constructions de  Gaudi et des accords de guitare, Barcelone s’apparente, ici, à une cousine éloignée du New-York upper east side d’Allen : Allen en livre une vision un brin aseptisée, subtilement touristique, quasiment désincarnée… C’est déjà ça. 

Ce marivaudage chic, agrémenté d’une touche arty (toi, peintre; moi, apprentie photographe; elle, peintre aussi…), met en scène deux Américaines aux profils tranchés_Vicky, sage godiche post-Diane Keaton, et Christina, blonde bien roulée chroniquement insatisfaite_ en séjour estival longue durée (coût global du séjour de deux mois, svp?)…

Arrive Bardem, déboule Pénélope Cruz… ça crie, ça s’aime, ça se trompe, ça doute, ça se quitte… Face à ce programme prévisible dans son déroulement, on est presque agréablement cueilli par sa conclusion, peu enthousiasmante, voire pessimiste et sombre, qui préjuge mal de la capacité des deux héroïnes à rebondir, à rencontrer le bonheur et le garder : ces rencontres demeureront sans suite, ces émois n’auront pas de conséquences…

Tout ça pour ça? C’est déjà ça…

C. Z 
Par Constance Z. - Publié dans : Critiques
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